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Transition à la tête du CDEC : continuité stratégique et regard neuf

Transition à la tête du CDEC : continuité stratégique et regard neuf

Après plus de 20 ans à la tête de l’écosystème CDEC, Bruno Renders a transmis les rênes à une nouvelle équipe de direction. Une transition qui a été longuement préparée et qui permettra d’assurer la continuité tout en insufflant un regard neuf, afin de préparer sereinement les prochaines étapes et de relever les défis à venir du secteur.

Interview de Jean-Michel Ludwig, directeur général du CDEC, Jules Oviedo, directeur administratif et financier du CDEC, Patrick Nemry et Alexis Sikora, directeurs de l’IFSB

L’écosystème que vous dirigez conjointement regroupe le CDEC (Conseil pour le Développement Économique de la Construction), structure qui pilote la stratégie du Groupe, collecte les fonds et gère le financement des formations inscrites dans le contrat collectif, l’IFSB - Institut de Formation du Secteur du Bâtiment, COCERT, société active dans l’audit et la performance énergétique, et enfin Neobuilding qui héberge des entreprises en lien avec le secteur de la construction. Quelles sont vos missions respectives au sein de cet écosystème ?

Jean-Michel Ludwig : Mon rôle est avant tout de garantir que la stratégie du groupe reste parfaitement alignée avec les attentes du secteur et d’assurer une communication fluide avec ses représentants dans les différents conseils d’administration. Et, en interne, de faire en sorte que les compétences de chaque collaborateur soient valorisées et mises au service d’objectifs communs. J’ai la chance de pouvoir m’appuyer sur une équipe de direction solide, constituée de professionnels expérimentés et surtout très complémentaires.

Jules Oviedo : Dans un contexte de crise où les cotisations des entreprises tendent à diminuer, je dois me porter garant de la gestion optimale des ressources financières et assurer un juste équilibre entre la mise en place et le suivi d’indicateurs de performance et la mise en œuvre opérationnelle, qui doit rester flexible et orientée résultats pour nos clients. Mon passé professionnel dans de grands groupes me permet aujourd’hui de clairement définir le cadre dans lequel nos différentes entités vont opérer de manière efficiente et en toute transparence.

Alexis Sikora : Notre mission est de garantir la cohérence et la mise en œuvre efficace de la stratégie du groupe à tous les niveaux. Nous veillons à ce que chaque collaborateur comprenne les orientations stratégiques et les traduise dans ses actions quotidiennes.

La formation, cœur de notre métier, est au centre de nos priorités. Mon objectif est d’organiser la conception et le développement des programmes en parfaite adéquation avec les besoins des entreprises et les évolutions du marché. Je supervise particulièrement les formations destinées à l’encadrement et les formations intégrant les nouvelles techniques de construction, et cela afin de renforcer les compétences des salariés du secteur.

Ayant en charge la recherche de nouveaux projets et le pilotage des projets nationaux et européens (FSE, INTERREG, Erasmus+), nous pouvons via ces développements appuyer le secteur dans son évolution. Je suis garant de la réalisation des objectifs fixés et du respect des budgets, en assurant une gouvernance rigoureuse et une vision à long terme.

Patrick Nemry : Dans le cadre du contrat collectif, nous proposons toute une série de formations qualifiantes pour les salariés manuels, mais également des formations techniques.

Nous développons en permanence de nouvelles offres, pour permettre aux salariés du secteur d’acquérir les compétences nécessaires pour relever les défis que représentent la décarbonation, la digitalisation ou encore la sécurité et la santé au travail.

Nous avons aussi à cœur de déployer des outils digitaux innovants pour l’apprentissage. Nous utilisons notamment la réalité virtuelle pour simuler des situations à risques sans mettre en danger les apprenants. Ces outils sont utilisés dans le cadre de nos formations, mais également lors des journées découvertes auprès des lycéens afin de leur faire découvrir le secteur de la construction.

Nous réalisons aussi une veille technique et réglementaire dans les différents domaines afin d’améliorer et de développer de nouvelles formations, de nouvelles méthodes pédagogiques, mais aussi les compétences de nos formateurs. Le but est de répondre aux besoins du secteur et d’anticiper ceux qui apparaîtront dans les années à venir, autour d’enjeux comme l’économie circulaire, la décarbonation ou la digitalisation.

Comment la transition avec l’ancienne direction s’est-elle passée ?

AS : La transition s’est faite de manière progressive puisque cela fait maintenant 2 ans et demi que nous assurons officiellement la gestion de l’IFSB. Nous gérons l’ensemble des activités de l’entreprise IFSB : la gestion quotidienne des activités, les ressources humaines, les budgets, et cela avec l’appui de CDEC. Nous avons également en charge la gestion de l’ensemble des infrastructures sur site, à savoir le bâtiment de l’IFSB et le bâtiment innovant Neobuilding. Nous nous assurons d’optimiser le fonctionnement, les consommations énergétiques et le confort des occupants, tout en y intégrant des innovations avec un objectif de démonstration.

Dans une logique groupe, nous avons adopté un système de management qui intègre la qualité, la sécurité et l’environnement, s’appuyant sur les référentiels ISO 9001, 14001 et 45001, de manière à garantir un fonctionnement moderne et standardisé dans l’ensemble des sociétés du groupe.
Nous garderons la même ligne que ces 20 dernières années, notamment sur la partie décarbonation qui restera un pilier fort pour l’entreprise. À travers des projets comme de nouvelles installations photovoltaïques en toiture et en façades, et de nouvelles manières de former, notre objectif est de garder un esprit innovant avec toujours une volonté d’anticiper les besoins du secteur.

Quels sont les objectifs stratégiques à court, moyen et long termes pour l’IFSB ?

JML : Notre priorité a toujours été la montée en compétences des salariés du secteur et elle restera la même à court terme, toujours avec l’approche métier qui nous caractérise. Nous continuerons à suivre et à mettre à jour les programmes et les référentiels existants pour garantir que les compétences répondent aux besoins du marché. Toujours à court terme, notre objectif sera, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre dans certains métiers spécifiques, de compléter notre offre avec des formations personnalisées en fonction des besoins des entreprises pour assurer une meilleure adéquation entre les demandeurs d’emploi et les besoins des entreprises et garantir une meilleure employabilité de ces personnes.

À moyen terme, nous continuerons à préparer les entreprises aux défis relatifs à la décarbonation et à la digitalisation. La décarbonation fait émerger de nouvelles techniques et de nouveaux matériaux de construction, de nouveaux business models aussi liés à la réutilisation des matériaux et à l’économie circulaire, donc de nouveaux métiers. Tous ces éléments seront de plus en plus encadrés sur le plan réglementaire dans les années à venir. La digitalisation devient elle aussi incontournable : si les entreprises veulent rester compétitives, elles devront se doter d’outils digitaux qui leur permettront de mesurer et d’analyser des écarts de performance et de rentabilité, mais aussi dans un autre contexte, de mieux identifier les leviers de réduction de leurs émissions carbone.

Enfin, à plus long terme, nous anticipons d’ores et déjà la forte pénurie de main-d’œuvre liée aux départs en retraite à laquelle nous serons confrontés dans les 10 ou 15 ans à venir en intensifiant nos actions sur des projets qui visent à attirer le jeune public vers nos métiers. Nous travaillons déjà avec plus de 20 lycées au Luxembourg dans le cadre du projet de découverte et de sensibilisation Resilient Generation et nous voulons encore en capter d’autres. Nous cherchons aussi à toucher un public plus jeune. Enfin, nous voulons redynamiser les synergies avec les lycées techniques du Luxembourg, en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale, en mettant nos infrastructures et nos machines à disposition de jeunes qui ont choisi de se préparer aux métiers de la construction, en formation initiale.

Et pour le CDEC ?

JML : Sur le volet ESR, nous visons à être nous-mêmes une entreprise exemplaire. Nous renforcerons nos bonnes pratiques internes pour les transformer, pourquoi pas, en très bonnes pratiques. Lorsque nous aurons mis en place un certain nombre d’actions, nous serons d’autant mieux armés pour les transmettre à travers nos formations et faire qu’elles se démultiplient. Nous voulons montrer par l’exemplarité que lorsqu’on investit du temps sur ces sujets, on renforce son attractivité. Notre groupe a été fondé et est dirigé par des entreprises de construction, c’est par elles que nous existons et pour elles que nous allons continuer à travailler pour assurer que la construction reste un pilier économique fort.

Mélanie Trélat
Article paru dans Neomag #76 - janvier 2026

Photo : Alexis Sikora, Jean-Michel Ludwig, Jules Oviedo et Patrick Nemry (de g. à d.)

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Publié le jeudi 12 février 2026
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