
Des lieux qui font du bien, à l’individu comme à la société
Architecte depuis 24 ans, Alexandra Kelleter développe aujourd’hui une approche qu’elle qualifie de consciente. Elle s’appuie sur son expérience, sa sensibilité, ainsi que sur la neuro-architecture, pour concevoir des espaces alignés avec les besoins profonds des usagers et inscrits dans leur environnement naturel, social et culturel.
C’est lors de la conception de sa propre maison que cette notion d’architecture consciente apparaît à Alexandra Kelleter : « Je l’ai voulue la plus respectueuse possible pour l’environnement et pour ses usagers, et c’est ma conscience qui m’a guidée dans mes choix. C’est pourquoi j’ai nommé ma recherche ‘architecture consciente’ ».
Mais le développement durable était déjà, bien avant cela, au cœur de sa formation initiale : après son Master à l’Institut Supérieur d’Architecture Saint-Luc à Liège, elle a suivi une spécialisation sur le développement durable dans le processus de conception architecturale. Elle a ensuite progressivement étoffé son cursus avec des formations complémentaires : maisons passives, géobiologie, bioconstruction, matériaux écologiques, économie circulaire, habitat thérapie®, architecture vivante® (écologie intérieure, feng shui, psychologie des couleurs, écoute active) ou encore, dernièrement, la neuro-architecture. Un outil sur lequel elle s’appuie aujourd’hui pour développer sa vision d’architecte consciente.
La neuro-architecture étudie l’impact de l’environnement bâti sur le cerveau, le corps, les émotions, les comportements : « Cette approche nous ramène à des notions fondamentales dont nous nous sommes coupés, comme l’importance de la lumière naturelle, les vues sur la végétation ou le fait de s’entourer de matériaux sains et naturels car nous faisons partie de ce monde du vivant, dont nous dépendons également. C’est le bon sens démontré par des recherches scientifiques ».
Comprendre comment ils nous affectent permet de concevoir des lieux qui soutiennent l’attention, la sérénité, la créativité, le sentiment de sécurité ou encore le bien-être. « Dans une société où la sédentarité constitue un vrai problème de santé publique, la neuro-architecture incite, par exemple, à rendre à l’escalier une place centrale dans les bâtiments. Son emplacement, sa forme, ses couleurs ou le fait qu’il soit lumineux sont étudiés pour encourager l’utilisateur à l’emprunter. En effet, des études prouvent que se mettre en mouvement fait circuler l’énergie et permet aux idées d’émerger. C’est aussi pourquoi les réunions debout sont souvent plus efficaces ».
L’architecture consciente considère les bâtiments comme des écosystèmes vivants, capables de soutenir la santé, de recréer du lien social et avec le vivant, de contribuer à des territoires plus résilients. « Dans cette optique, le rôle de l’architecte pourrait être beaucoup plus large que ce qu’il est actuellement. Aujourd’hui, nous sommes contraints au « vite fait, pas cher ». Mais il faudrait remettre du sens dans notre travail, car améliorer notre cadre de vie peut être un levier de changement sociétal à part entière », conclut-elle.
Construire un monde meilleur ne se fait pas seul. Si vous partagez la vision d’Alexandra Kelleter, n’hésitez pas à la contacter. Elle saura vous conseiller sur des espaces existants ou vous aider à créer consciemment des lieux de vie.
Mélanie Trélat
Article paru dans Neomag #79 - juin 2026



