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La protection du climat, au quotidien

La protection du climat, au quotidien

La SuperDrecksKëscht® réduit les émissions de CO₂ en traitant les déchets selon les principes du potentiel de ressources, à l’exemple des bombes aérosols polyuréthane.

Rencontre avec Thomas Hoffmann, assistant de direction chargé de la protection du climat, de la gestion environnementale et de la RSE à la SuperDrecksKëscht® (SDK).

Un bilan carbone encourageant

Oeko-Service Luxembourg S.A. (OSL), chargé de mission de l’action SDK, a adopté une stratégie climatique qui repose sur l’électrification, les énergies renouvelables, l’utilisation de graisses alimentaires usagées et de biodiesel, l’efficacité énergétique et enfin, le traitement des déchets selon les principes du potentiel de ressources.

Fidèle à son slogan « Geliefte Klimaschutz », toutes ses activités contribuent à la réduction des émissions de CO₂, à l’efficacité des ressources et à l’économie circulaire.

Le rapport établi par OSL pour l’année 2025 se base à la fois sur le Greenhouse Gas Protocol et sur la norme ISO 14064. Il révèle que son empreinte carbone globale s’élevait à 1.131,14 t CO₂e, avec une économie de 2.270,75 t CO₂e résultant notamment de l’application du concept de potentiel de ressources pour le traitement des déchets collectés.

Le potentiel des ressources : pour sortir de la logique classique du recyclage

« Dans notre contrat avec le ministère de l’Environnement, il est inscrit que nous nous engageons à travailler avec les recycleurs qui utilisent le processus le plus efficace en termes de prévention et de réduction des déchets, d’économie circulaire et de production de matières primaires secondaires, le but ultime étant la protection du climat. Le potentiel de ressources est, pour nous, un instrument de transparence. Il vise à montrer que nous nous entourons bel et bien de ce type de partenaires. Il est certifié ISO 14024 par un tiers neutre qui contrôle notre processus et celui du recycleur pour la certification », explique Thomas Hoffmann, assistant de direction chargé de la protection du climat, de la gestion environnementale et de la RSE à la SDK.

La notion de potentiel de ressources consiste à ne plus considérer un déchet uniquement comme un élément à éliminer, mais comme un stock de matières et d’énergie encore exploitables.

Le potentiel de ressources donne la priorité au recyclage, à la remanufacturation, aux matières premières secondaires et aux combustibles de substitution. Au lieu de se limiter aux flux entrants d’un processus de recyclage, il considère aussi les flux sortants. Cela permet de déterminer quelles quantités sont effectivement récupérées sous forme de matières premières - par exemple, les métaux ou les granulés de plastique recyclés - ou valorisées énergétiquement. « C’est le principe de la production inverse : la remanufacturation permet de gagner ces matières premières secondaires », souligne-t-il.

Cette méthode d’évaluation a été introduite par la SDK, en collaboration avec le centre de recherche Henri Tudor (aujourd’hui LIST), il y a une quinzaine d’années déjà. Elle repose sur des expertises spécifiques aux produits réalisées par proTerra Umweltschutz und Managementberatung GmbH, un expert environnemental agréé pour le calcul des empreintes carbone des produits.

La certification selon la norme ISO 14024 permet une évaluation transparente, neutre et axée sur les produits des installations de valorisation / production inverse. L’objectif est de mettre en évidence l’économie de ressources primaires permise par un processus de traitement et la valeur des produits finaux, ce qui facilite la comparaison des processus de revalorisation et de valorisation, ainsi que leur optimisation dans une démarche écocirculaire.

Chaque kilogramme de déchets traité selon le potentiel de ressources contribue à la production de matières premières secondaires, à la fermeture des cycles de matières et à l’économie d’énergie.
Cette approche a permis de réaliser une économie de 2.015,02 t CO₂e.

Exemple : le recyclage des bombes aérosols polyuréthane (PU)

L’expertise évalue l’empreinte carbone spécifique au traitement des bombes aérosols en mousse de polyuréthane et la compare à celle d’un système conventionnel de traitement des déchets, en s’appuyant sur le Greenhouse Gas Protocol, l’ISO 14044, l’ISO 14064-1 et l’ISO 14067. Le traitement des déchets est considéré comme un service.

Dans le système SDK, les bombes aérosols en mousse de polyuréthane sont collectées, contrôlées, triées, puis traitées de sorte que le plus grand nombre possible de composants puissent être valorisés : carton d’emballage, fer blanc, aluminium, plastique, gaz propulseur et composants en mousse de polyuréthane. Une partie de ces composants est valorisée thermiquement, mais l’accent est mis sur la récupération de matières premières secondaires commercialisables ; ces matières peuvent même être réintroduites dans la production de nouvelle bombes aérosols PU.

Ce système permet une valorisation de matière plus large que dans le système de référence où les bombes seraient triées et compactées, les métaux récupérés, et les liquides et gaz propulseurs valorisés énergétiquement. Ici, davantage de flux de matières individuels sont collectés séparément et réintroduits sur le marché sous forme de produits secondaires. Le taux de récupération est nettement plus élevé.

Si l’on considère uniquement l’impact direct du traitement, le système SDK génère dans un premier temps des émissions plus élevées. Cela s’explique par l’introduction d’étapes supplémentaires (tri, traitement, valorisation matière) dans le processus. Sans tenir compte de la substitution des matières premières primaires, la valeur spécifique est de 913 g CO₂e/kg dans le système SDK, contre 575 g CO₂e/kg dans le système de référence.

Cette analyse isolée ne reflète toutefois pas les avantages liés à la récupération de matières premières secondaires. En tenant compte du fait que les matériaux récupérés constituent des produits secondaires équivalents et commercialisables, à même de remplacer des matières premières qui, autrement, devraient être produites à partir de sources primaires, le bilan du système SDK s’améliore nettement : le PCF (Product Carbone Footprint) spécifique s’élève à 955 g CO₂e/kg contre 1.415 g CO₂e/kg dans le système de référence.

Pour une seule bombe aérosol PU, cela se traduit par une empreinte de 239 g CO₂e dans le système SDK contre 354 g CO₂e dans le système de référence. Cela correspond à une économie de 115 g CO₂e par bombe aérosol PU, soit 32 %.

Article paru dans Neomag #80 - juillet 2026

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Publié le vendredi 14 août 2026
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