Construction - Innovation - Technologie
Construire sur les fondations existantes

Construire sur les fondations existantes

Thomas & Piron emploie 270 personnes au Luxembourg, dont un tiers d’employés et deux tiers d’ouvriers, répartis entre ses quatre entités. Le principal défi est aujourd’hui pour le groupe de trouver de nouvelles recrues motivées par une carrière dans la construction, mais aussi et surtout de retenir et de faire évoluer le personnel existant.

Rencontre avec John Lambrechts, adjoint à la direction des ressources humaines chez Thomas & Piron Luxembourg

L’âge moyen des ouvriers du groupe Thomas & Piron en Belgique et au Luxembourg est de 42 ans, et il est de 41 ans pour les employés. Un des challenges actuels est donc d’attirer des jeunes pour faire baisser cette pyramide d’âge, en particulier dans les postes les plus en tension que sont les métiers manuels et ceux liés à la conduite et à la gestion de travaux. « Il y a quelques années, nous pouvions encore compter sur une main d’œuvre intérimaire très présente. Aujourd’hui, ce n’est malheureusement plus le cas, car ces personnes, souvent originaires de pays plus ensoleillés, sont pour beaucoup retournées chez elles chercher une qualité de vie qu’elles ne trouvent pas ici. Nous avons donc décidé d’aller chercher les jeunes à la source : sur les foires étudiantes et dans les écoles techniques en Belgique, en France et au Grand-Duché. Nous avons organisé un grand roadshow pour présenter le groupe, ses métiers et ses opportunités, et nous constituer ainsi un vivier de talents.

Nous participons aussi à des salons, comme par exemple, il y a quelques semaines, au Moovijob, qui a drainé plus de 19 000 participants. Nous avons accueilli près de 250 visiteurs, tous profils confondus, sur le stand que nous tenions avec notre société-sœur Galère Lux, qui occupe une centaine de personnes dans le domaine du génie civil », explique John Lambrechts, adjoint à la direction des ressources humaines.

Mais, connaissant la pénurie de main d’œuvre qualifiée et la difficulté à recruter, Thomas & Piron cherche à retenir ses talents, avant même de penser à trouver des bras neufs. Cela passe par le fait d’offrir des possibilités de progression et d’évolution au sein du groupe à travers la formation professionnelle continue. « Tous nos salariés ont une évaluation annuelle, lors de laquelle nous les invitons à émettre des souhaits de formation. Nous croisons ensuite ces souhaits avec nos besoins pour dérouler un plan de formation. Les formations techniques, de terrain, sont organisées à l’IFSB ; les employés sont formés par d’autres partenaires luxembourgeois et belges de la place, comme récemment SECO Luxembourg pour les formations enveloppes et façades, par exemple. Nous activons tous les leviers possibles ».

Parmi les sujets abordés dans les formations, la digitalisation est en train de bouleverser le monde du travail, en particulier celui de la construction. Le groupe Thomas & Piron s’est donc doté d’un directeur de l’intelligence artificielle en septembre 2025. « Il instaure des groupes de travail par métier et organise toute une série de formations en lien avec l’intelligence artificielle pour renforcer les compétences dans ce domaine et faire de l’upscaling. Prochainement, toutes les personnes qui occupent un rôle d’assistance de direction ou de service seront initiées à Copilot, afin de comprendre tout le potentiel que cet outil peut leur apporter au quotidien et de pouvoir en tirer pleinement parti ».

La gestion des compétences passe également par une mise à jour sur les nouvelles méthodes constructives qui émergent en lien avec les objectifs européens de neutralité carbone. « Nous effectuons une veille technique et réglementaire pour rester au fait des évolutions liées à la transition écologique et nous menons des réflexions sur la manière dont nous pourrons utiliser notre main-d’œuvre autrement demain, en fonction des besoins du marché qui sont guidés par les normes environnementales européennes ». Les ouvriers de TP BAU ont ainsi été formés en ossature bois. Et Thomas & Piron est, par ailleurs, en train d’identifier les compétences de ses ouvriers en rénovation afin de les utiliser à bon escient et de les compléter si nécessaire. En effet, « la demande en la matière explose car les biens de classes énergétiques médiocres ne pourront bientôt plus être mis en location en l’état ».

Au-delà des possibilités d’évolution qu’il offre à son personnel, l’esprit familial et convivial qui caractérise le groupe est un argument de poids pour attirer ou fidéliser le personnel. « Nous prêtons une grande importance à la proximité avec le terrain, avec nos équipes, de manière à pouvoir immédiatement résoudre les difficultés qui peuvent se présenter. Et puis, nous organisons de nombreux évènements, orientés business ou non, qui sont l’occasion de créer du lien, un esprit d’équipe, un sentiment d’appartenance à un groupe, ce qui est très apprécié de nos salariés et nous permet de conserver nos compétences en interne. Cette année est une grande année puisque Thomas & Piron célèbre ses 50 ans. À cette occasion, chaque collaborateur a reçu une bande dessinée avec l’histoire de l’entreprise et une gigantesque journée famille sera bientôt organisée au Domaine des Grottes de Han pour l’ensemble du personnel, ainsi que pour leurs proches ».

Cette notion de groupe a pris tout son sens au plus fort de la crise de 2023, lors de laquelle a été mise en place une gestion croisée des compétences entre les différentes filiales de Thomas & Piron et ses sociétés-sœurs du groupe Galère, en fonction des besoins respectifs. « La force du groupe nous a alors permis de maintenir l’emploi : quand l’activité ralentissait d’un côté, nous mobilisions les autres entités, au Luxembourg et en Belgique, pour y déployer des collaborateurs ».

Malgré tout, les métiers du groupe continuent de susciter des vocations, notamment pour leur dimension concrète. « C’est un élément qui revient fréquemment lors des entretiens de recrutement, tous profils confondus : le besoin de s’investir dans des réalisations tangibles, que l’on peut montrer et partager avec sa famille, ses enfants ou ses proches », conclut John Lambrechts.

Mélanie Trélat

Article
Article
Publié le jeudi 21 mai 2026
Partager sur
Publié par
Nos référencés