
Construction Blueprint 2, se préparer aux transitions verte et numérique
Le projet Construction Blueprint vise à établir une stratégie européenne de développement des compétences dans le secteur pour mettre en adéquation les besoins des entreprises et l’offre de formation. Piloté par l’IFSB au Luxembourg, il est entré dans sa deuxième phase début 2025 pour s’achever fin 2028, et doté de 4 millions d’euros de budget.
Interview de Boris Solecki, Project Manager Projets de formation à l’IFSB.
Quel est l’objectif du projet Construction Blueprint 2 ?
Comme son nom l’indique, Construction Blueprint 2 est la continuité de Construction Blueprint, un projet Erasmus+ porté par l’Union européenne. Il implique une vingtaine de partenaires issus d’une dizaine de pays. « Blueprint », ce sont les plans architecturaux et technique ; Construction Blueprint est donc, en quelque sorte, un plan de marche pour l’avenir du secteur de la construction au niveau européen. Ce plan se concentre sur la préparation des entreprises et de leurs salariés à la transition verte et numérique. Il s’appuie pour cela sur l’évolution des compétences, donc sur la formation. L’objectif est de répondre aux besoins les plus urgents en la matière, mais aussi aux besoins émergents, à l’échelle européenne.
Comment cela se concrétise-t-il ?
Le projet a pour vocation de prendre la température des besoins en formation dans les différents pays impliqués. La deuxième phase a débuté début 2025 pour une durée de 4 ans. Au cours de la phase précédente et de cette première année de la deuxième phase, nous avons analysé et déterminé les besoins les plus urgents pour une dizaines de groupes de métiers, dans chaque pays. Nous avons, pour cela, adopté une grille de lecture qui s’appuyait sur un classement allant de 1 à 4 : 1 pour « pas du tout urgent », 2 pour « il faut s’y intéresser », 3 pour « urgent » et 4 pour « très urgent ». Sur cette base, nous avons établi une première matrice, qui servira de base pour la phase suivante.
Quelle est l’étape suivante ?
Désormais, nous nous attelons à bâtir une grille de lecture qui nous permettra d’identifier les besoins émergents, c’est-à-dire les besoins innovants. Bien sûr, nous n’avons pas de boule de cristal, mais nous nous sommes intéressés à l’existant - par exemple, la digitalisation ou l’intelligence artificielle - et aux compétences à développer pour aller plus loin. Ces thématiques seront ensuite déclinées dans des formation pointues, avec des niveaux adaptés à chaque métier - les CEC européens, ou EQF en anglais.
Quels défis rencontrez-vous dans ce projet ?
La difficulté - et c’est également la force du projet – est que, comme nous travaillons avec un panel de pays très différents – l’Irlande, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, la Roumanie, la Bulgarie, la Grèce ou la Croatie, pour ne citer qu’eux -, les besoins en formation et en développement technologique ou technique sont très variés. L’idée du projet est donc de trouver une matrice partagée autour d’un dénominateur commun qui est la transition verte et numérique.
Une autre difficulté est que, comme le projet s’étend sur la durée, de nouveaux besoins peuvent émerger au fil du temps.
Quel est le rôle de l’IFSB ?
Nous avons pour mission d’identifier les besoins au Luxembourg, mais aussi de coordonner les travaux des 20 partenaires impliqués, aux côtés de l’institution bulgare CQEAD. En effet, dans cette nouvelle phase, nous pilotons ensemble un Work Package, dont l’objectif est d’établir une matrice digitale, un outil vivant qui puisse être partagé au niveau européen. Cette matrice permettra aux pays de préciser leurs priorités : par exemple, « nous souhaitons mettre l’accent sur cet aspect, car nous avons du retard ici, et nous avons décidé de travailler sur ce point ». Par ailleurs, le projet prévoit la mise en place de cours et d’un curriculum dont le contenu sera directement connecté à la matrice digitale. Le travail est en cours d’élaboration et devrait s’étendre sur environ deux ans. L’objectif final est de fournir une grille de lecture claire et commune à tous les participants.
Si on devait résumer Construction Blueprint 2 en quelques objectifs, ce serait lesquels ?
Ce serait : accélérer l’innovation numérique, soutenir la transition vers une économie plus circulaire et plus verte et enfin, promouvoir l’adoption de nouvelles technologies dans l’ensemble du secteur de la construction en Europe grâce à de nouveaux programmes de formation.
Mélanie Trélat
Article publié dans Neomag #76 - janvier 2026
