
Thermographies, inspections et photogrammétries facilitées par le drone
Grâce aux drones, les opérations de thermographie, d’inspection et de photogrammétrie deviennent plus simples et plus efficaces. Longtemps associés aux prises de vue spectaculaires lors d’événements, ces appareils se révèlent aujourd’hui être de véritables outils techniques au service de nombreux secteurs professionnels.
Comment les drones sont-ils actuellement utilisés dans le secteur de la construction ?
Au Luxembourg, les drones occupent désormais une place essentielle pour réaliser des thermographies, des inspections visuelles ou encore des photogrammétries.
La thermographie permet notamment de contrôler l’état de panneaux photovoltaïques ou de vérifier l’isolation de façades. Les drones servent également à inspecter des éoliennes, des ouvrages d’art tels que les ponts, ou toute autre infrastructure difficile d’accès.
La photogrammétrie, quant à elle, consiste à analyser plusieurs photographies afin de générer un nuage de points. Ce modèle est ensuite exploité, entre autres, par les géomètres pour effectuer des relevés précis. Ce nuage de points peut également servir de base à la création d’un jumeau numérique du bâtiment, permettant ainsi de modéliser fidèlement l’ouvrage et de faciliter son suivi tout au long de son cycle de vie.
À terme, la photogrammétrie pourrait également faciliter les diagnostics de réemploi ainsi que l’évaluation de l’intégrité de certains éléments constructifs - comme les structures métalliques - en offrant une analyse visuelle précise et exploitable pour identifier leur état et leur potentiel de réutilisation.
Selon la mission, les drones peuvent embarquer une ou plusieurs caméras. Chez SECO Luxembourg, nous utilisons notamment un drone équipé de différents types de capteurs, dont une caméra thermique capable de visualiser les variations de température d’une paroi ou d’un élément. Pour les inspections visuelles, des caméras haute résolution plus classiques sont privilégiées.
Grâce à cette polyvalence, il est possible de réaliser une inspection visuelle et une thermographie en un seul vol, ce qui optimise considérablement le temps et les ressources mobilisées.
En voit-on souvent sur les chantiers ?
Les drones sont progressivement utilisés pour le suivi des travaux d’excavation ainsi que des opérations de terrassement et de remblaiement. Les relevés réguliers réalisés par drone permettent en effet de documenter l’avancement du chantier, de comparer les volumes déplacés et de fournir une vision globale et précise du site.
Le marché est en pleine croissance et le cadre légal évolue régulièrement. Tout laisse donc penser que les prises de vue aériennes - et plus largement l’usage du drone - occuperont une place de plus en plus importante dans les années à venir.
Plus de sécurité, moins de coûts : un double avantage pour clients et utilisateurs
Le drone est particulièrement adapté pour accéder à des zones difficiles ou dangereuses. Il permet d’éviter le recours systématique à des nacelles, réduisant ainsi certains coûts liés à l’inspection de points stratégiques. En survolant directement l’élément à examiner, le drone fournit des images détaillées sans nécessiter la mise en place de moyens lourds ou d’interventions en hauteur potentiellement risquées, comme les toitures par exemple.
Le drone apporte aussi un gain de rapidité considérable lors des interventions sur site. Par rapport aux caméras terrestres traditionnelles, la vitesse de prise d’images est fortement augmentée, ce qui permet de couvrir de larges surfaces en un temps réduit. Les relevés obtenus sont également plus réguliers et plus précis, améliorant ainsi la qualité des diagnostics.
Comment SECO contribue-t-il à l’intégration des drones dans la construction ?
SECO Luxembourg utilise le drone depuis 2024, notamment pour l’inspection de panneaux photovoltaïques et de façades. Certaines inspections d’ouvrages d’art ont également déjà été menées à partir d’images issues de photogrammétrie.
Au sein de SECO, ces opérations sont notamment pilotées par nos experts Augustin Dubois et Romain Perderizet, qui mettent en œuvre ces technologies pour réaliser des inspections techniques et exploiter les données collectées sur site.
À moyen terme, nous envisageons de réaliser des inspections à très haute précision en combinant l’intelligence artificielle aux données captées par drone. Cette approche permettra d’automatiser la détection de corrosion, de fissures ou d’autres anomalies lors d’états des lieux ou de prestations de contrôle.
Il convient toutefois de rappeler que l’expertise humaine demeure indispensable pour interpréter les résultats et prendre des décisions techniques éclairées. Même si l’IA peut détecter des anomalies ou relever des irrégularités, seul un expert peut valider l’analyse, évaluer la criticité d’un défaut, contextualiser l’information et déterminer les actions correctives à mettre en place.
Camille Coppi – Project Engineer chez SECO Luxembourg
Article paru dans Neomag #78 - avril 2026
Photo : (de g. à d.) Augustin Dubois et Romain Perderizet, Seco Luxembourg



