
QHSE : un levier stratégique, mais surtout une obligation
Qualité des prestations, sécurité du personnel, enjeux environnementaux et exigences croissantes des clients structurent l’organisation de SAMSIC au Luxembourg et accompagnent la diversité de ses métiers.
Interview de Wiame Chaachoui, responsable QHSE chez SAMSIC Luxembourg
Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de votre rôle en tant que responsable du service QHSE ?
J’ai repris récemment la responsabilité du service QHSE, au 1er janvier 2026. Je travaille chez SAMSIC depuis deux ans et demi. J’ai commencé en tant que stagiaire en QHSE, puis j’ai intégré l’entreprise en CDI. Aujourd’hui, je suis responsable QHSE pour l’entité luxembourgeoise.
Mon rôle couvre plusieurs volets : qualité, hygiène, sécurité et environnement.
Sur le plan de la qualité, j’assure le suivi des prestations chez nos clients à travers des audits internes, afin de vérifier que le niveau de qualité attendu est bien respecté.
Je travaille également sur les aspects liés à la sécurité, en collaboration avec mes deux collègues travailleurs désignés.
À cela s’ajoutent les volets RSE et bilan carbone. Pour la partie RSE, nous collectons et analysons les données liées aux trois piliers : social, environnemental et gouvernance. Je m’occupe également de la réalisation du bilan carbone de SAMSIC pour le Luxembourg, SAMSIC étant un groupe français implanté dans plusieurs pays dans le monde.
En quoi le volet QHSE constitue-t-il un levier stratégique pour une entreprise comme la vôtre ?
Le QHSE est un levier stratégique, certes, mais c’est surtout une obligation, à part peut-être en ce qui concerne la qualité qui reste plutôt axée sur la satisfaction des clients.
La sécurité est primordiale - nous devons avant tout garantir des conditions de travail sûres, aussi bien chez nos clients qu’en interne.
L’hygiène et l’environnement le sont également. Nous sommes de plus en plus sollicités sur ces sujets dans le cadre des appels d’offres. Le contexte actuel pousse nos clients à exiger des engagements clairs de notre part, notamment en matière environnementale. Beaucoup de clients demandent par exemple que nous utilisions des gammes de produits d’entretien 100 % écolabellisés. Ces critères prennent aujourd’hui une place importante dans les décisions.
Quels sont les principaux défis auxquels vous êtes soumis en matière de sécurité, compte tenu de la diversité de vos métiers et de vos sites ?
Il est vrai que nos équipes sont très diverses : nous avons des techniciens, des agents de nettoyage, des handymen… et les risques varient beaucoup en fonction des profils et des postes. Pour les agents de nettoyage, ils concernent surtout l’utilisation des produits chimiques et les risques de contamination, mais aussi dans une moindre mesure, des accidents disons « simples » mais qui peuvent néanmoins avoir des conséquences sérieuses, comme les chutes de plain-pied.
Du côté des techniciens, les risques sont plus élevés : ils s’agit notamment des risques électriques ou liés au travail en espaces confinés chez certains clients. Cette diversité rend la gestion de la sécurité plus complexe.
À titre d’exemple, nous intervenons chez un géant américain du commerce en ligne, qui fait appel à un large éventail des services SAMSIC. La diversité des missions qui nous sont confiées exige de notre part une vigilance accrue, en raison des risques multiples auxquels nous devons apporter des solutions adaptées.
Comment y répondez-vous ?
Nous réalisons des visites régulières sur site afin de vérifier que les consignes de sécurité sont bien connues et appliquées, et que les agents savent comment réagir quand ils sont confrontés à un accident, qu’ils en soient témoins ou qu’ils soient directement touchés.
Comment formez-vous vos équipes à ces enjeux ?
Tous nos agents suivent une formation QHSE dès leur arrivée dans l’entreprise.
Ensuite, chaque mois, nous organisons des causeries sur le thème de la sécurité. Sur certains sites, comme le leader mondial de la vente en ligne, nous organisons également des quarts d’heure sécurité destinés aux techniciens.
Nous sommes très pointus sur ces sujets. Il le faut, en particulier pour répondre aux exigences de certains clients qui demandent des analyses de risques spécifiques assorties de mesures de prévention précises. Mais cela contribue aussi à renforcer la sécurité au sein de nos équipes.
Nous sommes par ailleurs engagés dans une démarche de certification et serons audités prochainement pour le renouvellement des normes ISO 45001, 9001 et 14001.
Souhaitez-vous mettre en avant d’autres actions ?
Le bilan carbone est un sujet important pour nous. Nous avons engagé une transition progressive de nos véhicules vers une flotte 100 % électrique. Le renouvellement a débuté en 2023, nous étions déjà à 26 % de véhicules électriques en 2024 et nous atteignons aujourd’hui environ 36 %, sur un parc total d’une quarantaine de véhicules. À chaque fin de contrat, les véhicules thermiques sont systématiquement remplacés par des modèles électriques. C’est une manière d’agir concrètement sur notre empreinte carbone, même si nous avons peu de leviers sur les déplacements individuels de nos agents.
En parallèle, nous continuons à encourager l’utilisation de produits écolabellisés, même si leur coût peut parfois freiner certains clients. C’est un point sur lequel nous avançons progressivement, en conciliant les exigences environnementales et les réalités économiques.
Mélanie Trélat
Article paru dans Neomag #77 - mars 2026
