
TKE, retour sur 40 ans de transformation du métier d’ascensoriste
La mission de TKE est de donner les moyens à chacun de ses collaborateurs d’atteindre son plein potentiel au profit de l’équipe et de l’organisation. Cela passe notamment par la formation.
Interview de Clément Wampach, directeur-gérant de TK Elevator Luxembourg
Quelles évolutions observez-vous en termes de compétences depuis la création de thyssen Ascenseurs Luxembourg (aujourd’hui TK Elevator Luxembourg) en 1986 ?
Il y a 40 ans, le métier était avant tout technique. Depuis, il s’est considérablement élargi. A partir des années 1990, nous avons mis en place le Total Quality Management, à introduire le management de la qualité ISO 9001 et à réaliser les premières enquêtes de satisfaction client. Chaque personne en contact avec le client s’est vue attribuer le rôle « d’ambassadeur » pour relayer les engagements de l’entreprise en termes de disponibilité, de réactivité et de service.
Par la suite, les nouvelles technologies de communication ont apporté de nombreux changements opérationnels nécessitant une familiarisation des salariés avec ces nouveaux outils et procédures de travail. En même temps, la saisie et le traitement informatique des données sont devenus indispensables pour répondre aux attentes croissantes de nos clients en matière d’information et de reporting.
Parallèlement, nous avons pris conscience de ce que nous appelons aujourd’hui la RSE - la responsabilité sociale de l’entreprise - avec des approches plus systématiques, des certifications et des labellisations sur des sujets tels que la santé, la sécurité, le tri des déchets, le recyclage ou encore l’économie d’énergie. Enfin, la digitalisation au sens large - notamment l’internet des objets permettant de suivre les ascenseurs à distance - continue à faire évoluer notre métier et les compétences nécessaires de nos équipes.
En résumé, le métier d’ascensoriste a considérablement évolué. Une évolution dont nous avons tenu compte à la fédération luxembourgeoise des ascensoristes – que je préside depuis 2011 – en actualisant les descriptifs des classes dans notre convention collective.
Les valeurs de l’entreprise ont-elles changé ?
La référence à des valeurs a toujours existé dans le monde de l’entreprise et cela fait longtemps qu’on parle de culture d’entreprise. Cependant, les valeurs sont aujourd’hui communiquées de manière plus visible et développées de manière plus explicite, répondant ainsi à la recherche de sens dans le travail, aux besoins d’identité et d’appartenance ainsi qu’à la responsabilité sociale et sociétale de l’entreprise. Les valeurs et leur ancrage dans les activités de l’entreprise font désormais l’objet d’une attention systématique au niveau des profils de compétences de chaque membre de l’entreprise, des recrutements, des entretiens individuels, des formations et des évolutions de carrière.
Dans notre cas, la valeur de l’intégrité, par exemple, se traduit par des formations sur l’éthique des affaires, la protection des données, les règles en matière de gouvernance et de compliance, ou encore le respect des droits humains. Ces valeurs et ces engagements, peu ou pas développés il y a 40 ans, sont désormais inhérents à notre métier.
Il en va de même pour la valeur que nous appelons « One TKE Team ». Dans une société multilingue et multiculturelle, cette valeur se prolonge en une exigence essentielle : l’inclusion. Quel que soit le pays d’origine, la nationalité, le genre ou les croyances du salarié, nous formons ensemble une seule et même équipe. TKE Luxembourg est signataire de la Charte de la Diversité depuis 2016. La notion d’inclusion fait d’ailleurs partie de notre métier d’ascensoriste : notre passion, c’est l’accessibilité pour tous, indépendamment de l’âge ou de la condition physique de chaque personne.
Toutes ces valeurs doivent être acquises et cultivées parmi tous les salariés, et elles contribuent au rayonnement et au progrès de notre société.
Tout cela passe donc par la formation ?
Oui, clairement. A titre d’exemple, prenons une autre valeur TKE, la sécurité. Cette valeur est aujourd’hui déployée dans près de 50% des ateliers et des formations dispensées, et nous continuons à la développer avec la devise « WeGetHome ». S’il y a 40 ans la santé dans l’entreprise était appréhendée essentiellement sous sa dimension physique, elle inclut désormais explicitement la santé psychique et mentale.
L’engagement pour la formation continue a donc toujours été une de mes priorités dans la direction de TK Elevator Luxembourg et même au-delà, que ce soit en tant que formateur pour le brevet de maîtrise pendant de nombreuses années ou comme vice-président du Centre de Compétences Génie Technique du Bâtiment à Bettembourg.
Comment accueillez-vous les nouvelles recrues ?
Les onboardings, aujourd’hui, requièrent bien plus qu’un message de bienvenue et une simple assignation à un mentor ou à une équipe pour apprendre le métier et les compétences techniques.
Il y a de très nombreux domaines à découvrir, par exemple les valeurs de l’entreprise, les procédures QSE ou encore les règles internes. Il y a les outils de travail et les enregistrements à organiser, en commençant par les droits d’accès aux systèmes informatiques de l’entreprise et leur maîtrise opérationnelle. Il y a des méthodes de travail harmonisées à apprendre, par exemple notre méthodologie de maintenance TBM. Il y a des compétences et qualifications sécurité à acquérir ou à valider, par exemple l’habilitation électrique ou le port du harnais de sécurité.
L’onboarding doit donc être approché de manière systématique, être assorti d’un plan de développement et de points d’évaluation réguliers.
Depuis de nombreuses années, j’accueille moi-même chaque nouveau salarié lors de son premier jour de travail en dispensant un certain nombre de formations initiales et en expliquant son parcours de formation et de développement. Cette forte implication personnelle est une façon de mettre en valeur chaque personne dès son arrivée chez TKE, de mobiliser nos équipes pour collaborer à une intégration réussie et de faire vivre dès le premier jour la valeur « One TKE Team ».
Mélanie Trélat
Article paru dans Neomag #79 - juin 2026
