
CIMALUX et CFL cargo signent pour 30 ans et renouvellent leur flotte de wagons
Après presque 50 ans de service, les wagons de transport de clinker entre les sites CIMALUX de Rumelange et d’Esch sont remplacés par des wagons modernes et performants. Cette opération s’inscrit dans le cadre du renouvellement du partenariat qui unit le cimentier grand-ducal et les Chemins de Fer Luxembourgeois depuis 1977.
C’est par chemin de fer que la cimenterie - le centre de broyage de CIMALUX établi à Esch-sur-Alzette depuis 1920 - est alimentée par son usine de production de clinker située à Rumelange, distante de près de 10 km. Cette usine, créée au milieu des années 70 dans le cadre d’un partenariat transfrontalier exemplaire visant à partager les ressources disponibles, fait aujourd’hui partie intégrante de CIMALUX.
Le clinker est l’un des principaux composants du ciment. Il est produit par calcination d’un mélange de calcaire et de marnes dans un four rotatif de 90 mètres de long. Le clinker est le composant le plus réactif et indispensable du ciment. Au contact de l’eau, il initie toute une série de réactions chimiques et permet le durcissement des colles, enduits, mortiers, chapes et bétons.
Chaque jour, quelque 2 500 tonnes de clinker sont acheminées par train de Rumelange à Esch afin d’alimenter le centre de broyage et de permettre la production de ciment. Une rame est généralement constituée de 17 wagons.
Les wagons utilisés sont de type Tadns, des wagons-trémies couverts à bogies. Ils sont équipés d’un toit ouvrant pivotant afin de protéger le clinker de l’eau de pluie. Le déchargement s’effectue par gravité au moyen de trappes latérales. Celles-ci permettent d’évacuer le clinker dans des fosses situées le long de la voie de déchargement. Le déchargement peut s’effectuer des deux côtés des wagons. Sur les anciens modèles, le toit et les trappes étaient actionnés manuellement à l’aide de poulies et de leviers. Un travail fastidieux nécessitant, par ailleurs, une maintenance récurrente afin d’éviter le grippage des éléments mécaniques mobiles.
Les nouveaux wagons appartiennent au même type Tadns. Tout en étant légèrement plus courts, leur capacité de transport atteint 66 tonnes de charge utile, soit environ 30 % de plus que celle des anciens wagons.
Leurs toits pivotants sont constitués d’une toile technique tendue qui allège le poids propre des wagons tout en réduisant les contraintes mécaniques. L’ouverture et la fermeture des toits ainsi que des trappes de déchargement sont entièrement pneumatiques et peuvent être commandées à distance au moyen d’une télécommande.
Les wagons sont également équipés de semelles de frein en matériau composite. Les anciennes semelles en fonte frottaient directement sur la surface de roulement des roues, ce qui rendait celle-ci rugueuse. Cette rugosité provoquait un grondement métallique important lors du roulement sur les rails. Les semelles composites, au contraire, polissent la roue au lieu de la rayer et contribuent ainsi à préserver son état de surface. Une roue parfaitement lisse roule de manière beaucoup plus fluide. Résultat : le bruit de roulement perçu par l’oreille humaine est divisé par deux, soit une réduction d’environ 10 décibels. Cette amélioration contribue significativement au confort des riverains habitant le long de la ligne.
L’ensemble de ces améliorations permet un transport plus efficient tout en réduisant les impacts environnementaux. Cela vient compléter les nombreux avantages écologiques déjà offerts par le transport ferroviaire par rapport au transport routier.
Après une période complémentaire de tests et d’optimisation, les wagons aux couleurs blanche et bleue de CIMALUX font désormais partie du paysage de notre région. Et leur habillage affiche clairement leur contenu : Gudde Rëmelenger Klinker fir gudden Escher Zement, Du bon clinker rumelangeois pour du bon ciment eschois. Ce renouvellement d’équipement s’inscrit dans le cadre du partenariat de long terme qui unit CIMALUX et les CFL depuis déjà près de 50 ans.
Christian Rech (CIMALUX) et Kim Conrardy (CFL multimodal)
Article paru dans Neomag#81 - septembre 2026
