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VMC et protection solaire, pour une maison économe en énergie

VMC et protection solaire, pour une maison économe en énergie

DUCO propose des solutions de traitement de l’air et de protection solaire car, dans des maisons de plus en plus autonomes et intelligentes, la clé de la sobriété énergétique ne réside plus seulement dans l’isolation, mais dans une approche globale qui intègre ventilation, protection solaire et pilotage automatisé.

Interview de Christophe Delattre, responsable technico-commercial de DUCO

Dans une logique de sobriété énergétique, quelle est la place de la VMC ?

Nous sommes aujourd’hui passés des maisons passives aux maisons actives. Les maisons actives, tendance venue des Pays-Bas, sont des maisons autonomes, qui sont d’une part très bien isolées et bien protégées pour éviter toute consommation d’énergie excessive liée au rafraîchissement artificiel, et d’autre part produisent l’énergie dont elles ont besoin pour fonctionner grâce à des panneaux photovoltaïques, la stockent dans des batteries et la gèrent au moyen d’un energy management system (EMS). Ce dernier est connecté à la ventilation, aux protections solaires extérieures et aux ouvrants de manière à profiter des frigories nocturnes pour réguler la température du bâtiment le plus naturellement possible. Car une ventilation mécanique contrôlée (VMC), seule, ne suffit pas à refroidir un bâtiment entier. Elle vient en complément du rafraîchissement naturel, et elle s’intègre dans un système global. En revanche, elle est absolument nécessaire pour évacuer la pollution et l’humidité contenues dans l’air intérieur, et éviter ainsi, par exemple, les problèmes de moisissures qui peuvent apparaître dans un bâtiment trop bien isolé.

DUCO propose aussi des solutions de protection solaire extérieure. VMC et protection solaire sont-elles indissociables ?

En limitant l’exposition d’un bâtiment au rayonnement solaire, on réduit les risques de surchauffe et, par conséquent, les besoins en refroidissement, ce qui permet aussi de réaliser des économies d’énergie. À mes yeux, la climatisation est en quelque sorte une hérésie, même si je reconnais qu’elle est parfois indispensable. Il faudrait avant tout repenser notre approche : appliquer au bâtiment le principe du parasol avant d’envisager systématiquement des équipements électroniques et de la climatisation dans chaque pièce. Cette logique me paraît beaucoup plus cohérente.

Comment configurer les installations de traitement de l’air pour économiser de l’énergie ?

Dans nos systèmes, des capteurs relèvent les niveaux de CO2 et d’humidité, et analysent la qualité de l’air toutes les 30 secondes : si le niveau de CO2 augmente, cela signifie que des personnes sont dans la pièce et la puissance de ventilation s’adapte automatiquement. Cette puissance peut varier entre 10 % et 100 %. De la même manière, si un des occupants décide de prendre une douche à 15 heures, les capteurs enverront l’information au système de ventilation pour lui permettre d’évacuer l’humidité générée.


Une VMC seule ne suffit pas à refroidir un bâtiment entier. Elle vient en complément du rafraîchissement naturel, et s’intègre dans un système global. En revanche, elle est absolument nécessaire pour évacuer la pollution et l’humidité contenues dans l’air intérieur.

Mais tous les systèmes ne sont pas aussi flexibles que les nôtres : la plupart des installations sont programmées pour fonctionner à pleine puissance en permanence ou à certaines plages horaires préétablies, par exemple de 6 à 8 heures et de 17 à 21 heures, indépendamment de la présence et des activités des occupants dans le bâtiment.

La question est : pourquoi ventiler au maximum lorsque ce n’est pas nécessaire ? Pourquoi consommer de l’énergie pour ventiler des espaces potentiellement inoccupés ? Finalement, le principe devrait être le même pour la ventilation que pour les lumières. On ne laisse pas les lumières allumées partout dans la maison quand nous n’y sommes pas, alors pourquoi le ferait-on avec la ventilation ? Moduler la puissance de la machine évite non seulement les consommations superflues d’énergie, mais aussi les nuisances sonores. Cela permet aussi d’allonger sa durée de vie puisque les moteurs étant moins sollicités, il se fatiguent moins vite.

Quel est le principe de la ventilation multizonale, et en quoi cela permet-il également de gagner de l’énergie ?

Traditionnellement, dans une maison, on trouve généralement la zone de vie au rez-de-chaussée et la zone de nuit à l’étage. En sortie de machine, la VMC double flux pulse de l’air dans les pièces de vie – salon et chambres - et en extrait dans la cuisine, la salle de bain, les toilettes et la buanderie. Avec un système multizonal, plutôt que de pulser avec une seule gaine, on le fait avec deux gaines qui ont chacune un clapet indépendant : un pour la zone de vie, et l’autre pour la zone de nuit.

Nous plaçons généralement trois capteurs : un dans le salon, un dans la salle de bain et un dans la chambre parentale. Si les capteurs ne détectent aucune pollution d’air, les deux clapets se mettent sur 10 %. Quand toute la famille rentre en fin d’après-midi, le capteur de CO2 du salon commande au clapet de s’ouvrir pour envoyer de l’air dans le salon, mais pas dans les chambres. Au moment des douches et du coucher, les capteurs réduisent le volume d’air en bas et l’augmentent en haut. Le fait que ces deux systèmes travaillent indépendamment permet de réaliser jusqu’à 40 % d’économie d’énergie.

Qu’est-ce qui manquerait pour que toutes les installations au Luxembourg soient optimisées ?

Le problème est avant tout d’ordre réglementaire : il est aujourd’hui difficile de déterminer de façon simple le volume d’air à extraire ou à apporter dans une maison. Le taux de renouvellement minimal est de 0,35 vol/h (volume par heure) d’après le règlement grand-ducal du 9 juin 2021. Il faut d’abord mesurer la vitesse de l’air et régler les bouches, or peu d’installateurs disposent d’un anémomètre pour le faire. Ensuite, le calcul est assez complexe à réaliser. Une des missions de la LIAVA (Luxembourg Indoor Air & Ventilation Association), dont je fais partie, est de définir une feuille de route avec des seuils préétablis et, dans un second temps, de faire circuler l’information jusqu’aux entreprises. La ventilation est souvent mal installée par manque de connaissances. La LIAVA s’est aussi – et avant tout - donné comme rôle d’expliquer la nécessité de la ventilation : elle sert à apporter de l’oxygène dans la maison. Nous en avons besoin, mais il n’est pas utile de sur-oxygéner. Il faut mettre en parallèle la ventilation et l’efficience énergétique pour vivre dans un bâtiment sain mais qui ne consomme pas plus qu’il ne faut, et réduire ainsi notre bilan carbone.

Mélanie Trélat
Article paru dans Neomag #80 - juillet 2026