
Photovoltaïque : investir oui, mais pas sans stratégie
Produire sa propre énergie solaire est un levier clé pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles. Grâce à son outil de simulation et à son expertise, L’energieagence accompagne les acteurs publics et privés dans le choix de solutions photovoltaïques adaptées à leurs besoins techniques et financiers.
Interview d’Arnaud Duban, directeur de l’energieagence
Quels sont les éléments à prendre en compte avant d’investir dans une installation photovoltaïque ?
Avec la crise énergétique que nous traversons actuellement et le prix des énergies fossiles qui ne cesse de grimper, il est aujourd’hui particulièrement intéressant de produire sa propre électricité.
Le défi que pose l’énergie photovoltaïque est que sa production est intermittente, que ce soit au cours de la journée, au cours de la semaine ou au cours de l’année : il est évident que la production est beaucoup plus faible la nuit que le jour ou en janvier qu’en juillet, et qu’une entreprise consomme généralement plus d’énergie en semaine que le week-end.
Dès lors que l’on prévoit d’investir dans une solution photovoltaïque, il faut donc bien réfléchir à la finalité de sa démarche et à la configuration technique et financière à mettre en place. Il est essentiel de prendre en compte non seulement les paramètres de production et de consommation, mais aussi les modèles financiers qui vont de pair – d’autant plus que des tarifs dynamiques sont désormais appliqués au rachat d’énergie -, sans oublier d’intégrer les possibilités de stockage qu’offrent les batteries en cas de surproduction ou lorsque l’énergie est la moins chère, ainsi que la notion de partage d’énergie.
Comment l’energieagence aide-t-elle à atteindre cette optimisation technique et financière ?
Nous nous positionnons sur le volet conseil et aide à la décision. Nous explorons différents scénarios pour optimiser le retour sur investissement et/ou le niveau d’autonomie et d’autoconsommation. Le but est de permettre au client de prendre la meilleure décision possible en fonction du résultat qu’il vise. Cette approche, nous la proposons aussi bien aux acteurs du secteur privé qu’aux acteurs du secteur public, notamment aux communes pour la gestion de leurs bâtiments propres.
Comment votre intervention se passe-t-elle concrètement ?
Nous avons développé notre propre outil de calcul, qui est alimenté par les données partagées par le client, notamment les relevés horaires des consommations ou encore les relevés horaires de production. Ces données sont mises en relation avec la production théorique d’électricité photovoltaïque, calculée en fonction des surfaces disponibles et des orientations. S’y ajoutent ensuite la capacité de stockage et éventuellement le potentiel de partage de l’énergie. Tous ces paramètres servent à construire et à comparer différents scénarios qui nous permettent de proposer un avant-projet donnant une orientation technique aux installateurs.
Une visite physique sur site n’est pas nécessaire. Tout peut se faire à distance dès lors que nous disposons des données nécessaires pour établir des simulations. Cette approche est également adaptée dans les situations ou un client dispose déjà d’une installation PV et qu’il cherche des pistes d’optimisation.
Où en est-on aujourd’hui en termes de subventions pour les installations photovoltaïques ?
Le Klimabonus est toujours en vigueur. Pour les plus grandes installations, des appels à projets avec mise en concurrence et des critères d’attribution détaillés sont lancés par le ministère de l’Économie au cours de l’année. Nous intégrons également le calendrier des appels à projets pour apporter un conseil sur la planification financière de l’investissement.
Concernant le déploiement d’installations photovoltaïques, force est de déplorer qu’aujourd’hui, ce n’est pas tellement l’approche technico-financière qui est privilégiée, mais plutôt l’optimisation des subventions auxquelles le projet est admissible.
Il est pourtant fondamental de prendre du recul et de réaliser une pré-étude de chaque situation particulière en termes de production d’énergie renouvelable et de stockage pour maximiser l’autoconsommation. L’objectif étant de se détacher des énergies fossiles, a fortiori parce que leurs prix sont volatils.
Comment abordez-vous le volet du partage de l’énergie et des communautés énergétiques qui viennent en complément du stockage de l’énergie ?
Sur ce point, la réglementation sur le partage d’énergie a évolué très récemment. Les grandes entreprises sont désormais autorisées à créer leur propre communauté d’énergie pour partager l’énergie qu’elles ont produites et qu’elles n’ont pas auto-consommée, ce qui n’était pas le cas auparavant. Cette avancée est d’autant plus intéressante que ce sont souvent ces grandes entreprises qui disposent des plus gros budgets à investir dans des installations photovoltaïques.
Mais, là encore, il y a tout un travail préliminaire à réaliser en amont : il ne suffit pas de mettre plusieurs acteurs autour de la table pour composer une communauté d’énergie optimale. Il faut s’assurer que les courbes de production et de consommation des différents participants soient complémentaires, bien alignées dans le temps. C’est là toute la difficulté.
Mélanie Trélat
Article paru dans Neomag #80 - juillet 2026
