
Logement : la fièvre retombe, mais le marché ne s’effondre pas
Le STATEC vient de publier sa brochure « Le Logement en chiffres » en collaboration avec l’Observatoire de l’Habitat (LISER) et le ministère du Logement. Nous en avons extrait quelques données clés pour le 2e trimestre 2026.
Des prix en repli, mais un effet trompeur
Sur un an, l’indice général des prix du logement recule de 2,2%. Mais attention à l’illusion d’optique : le 2e trimestre de 2025 avait été gonflé par une ruée d’achats anticipant la fin de mesures fiscales temporaires. La baisse actuelle reflète donc surtout ce contrecoup, plutôt qu’un effondrement du marché. Par rapport au trimestre précédent, l’indice progresse même de 1,1%.
Les transactions : un retour à la normale, pas une crise nouvelle
Le nombre de ventes chute fortement sur un an, mais là encore c’est le pic exceptionnel de 2025 qui fausse la comparaison :
- • Appartements existants : 1.049 ventes au 2e trimestre 2026 (-33,6% sur un an), un niveau désormais proche de la moyenne 2017-2021 (+1,3%) — le marché de l’existant s’est normalisé.
- • Maisons : 709 ventes (-35,8%), encore 22% sous la moyenne d’avant-crise.
- • Appartements neufs (VEFA) : seulement 225 ventes, un marché toujours très à la traîne, 68% sous sa moyenne d’avant-crise.
- • Terrains à bâtir : 333 ventes (-21,1% sur un an), 37% sous la moyenne d’avant-crise — le segment le plus déprimé.
Le volume financier suit la même logique sur un an : -35,7% pour les appartements, -40% pour les maisons, -45,7% pour les terrains.
Où et combien : la géographie des prix
- • Prix moyen au m2 des appartements : 7.712 euros/m2 (existants) / 9.839 euros/m2 (neufs) au niveau national.
- • Neuf vs ancien : un appartement neuf coûte 23 à 29% de plus qu’un bien ancien comparable.
- • Effet de surface : de 9.435 euros/m2 (moins de 50 m2) à 6.441 euros/m2 (130 m2 et plus) pour l’existant.
- • Écart géographique : le canton de Luxembourg affiche des prix nettement supérieurs à ceux du Nord — +88% pour les maisons (1,37 million d’euros en moyenne contre 730.000 euros dans le Nord).
Loyers : la tension est là
Alors que les prix de vente stagnent ou reculent, les loyers annoncés des appartements bondissent de +5,8% sur un an, soit plus du double de l’inflation (2,4%). Les loyers en cours de bail, eux, ne progressent que de +1,3% — l’écart illustre le choc que subissent les nouveaux locataires par rapport aux locataires en place.
Autre signal fort : les chambres meublées, qui représentaient moins de 3% de l’offre locative au début des années 2010, en représentent désormais environ 14%. Leurs loyers ont grimpé de 102,6% depuis 2010, contre 83% pour les appartements classiques et 76,9% pour les maisons.
Deux marchés qui divergent
En résumé, la vente se stabilise après la correction de 2023-2024, avec un retour progressif vers les standards d’avant-crise — sauf pour le neuf, toujours à la peine. La location, elle, continue de se tendre nettement plus vite que l’inflation, probable conséquence du report d’une partie de la demande empêchée d’accéder à la propriété vers le marché locatif.

