
Le facility management, pierre angulaire de l’économie des ressources
Une bonne gestion du bâtiment en phase d’exploitation peut avoir un impact direct sur le bilan carbone, les consommations et les coûts d’exploitation du client. En tant qu’acteur multiservices, Samsic intervient sur l’ensemble de la chaîne d’exploitation et contribue à identifier, piloter et optimiser les économies réalisables.
Interview de Nassim Alakma, gérant technique de Samsic
Comment concevez-vous le rôle du facility manager ?
Dans un bâtiment, l’efficience énergétique ne se joue pas uniquement à la conception, mais aussi dans l’exploitation quotidienne. La performance théorique et la performance réelle sont souvent différentes.
D’un côté, il y a les caractéristiques techniques du bâtiment : la manière dont il a été conçu, dimensionné et équipé. De l’autre, il y a ses usages : qui l’occupe, à quels horaires, avec quels besoins et quelles contraintes. Un bâtiment doit donc être piloté en fonction de son utilisation réelle. Si les installations sont mal réglées, mal entretenues ou mal adaptées, cela génère des pertes : énergie, eau, confort, coûts.
Le rôle du facility manager est de piloter, ajuster, maintenir et faire évoluer les installations pour atteindre le meilleur équilibre entre performance, sobriété et confort. L’idée est simple : faire mieux avec moins.
Comment intervenez-vous concrètement ?
Nous avons la chance d’être un acteur très polyvalent. Par exemple, nous intervenons sur un ensemble de bâtiments à Luxembourg accueillant environ 4 000 utilisateurs. Sur ce type de site, nous assurons le pilotage technique, l’optimisation des équipements HVAC, le volet électricité, la maintenance préventive, mais aussi des prestations de facility comme le nettoyage.
Cette approche globale est un vrai atout : elle permet d’avoir une vision complète de l’exploitation du bâtiment et d’éviter les silos entre les métiers.
Nous sommes également certifiés ISO 9001, ISO 14001 et ISO 45001. La qualité, l’environnement et la sécurité sont donc intégrés dans nos méthodes de travail. Notre objectif est d’apporter aux clients des solutions innovantes, sobres et adaptées à leurs bâtiments.
Qu’entendez-vous par « vous professionnaliser chaque jour » ?
Cela signifie former nos équipes, suivre les évolutions réglementaires et techniques, et intégrer les bons outils au bon moment. Aujourd’hui, grâce aux capteurs, à la GTC ou aux outils de supervision, il est possible d’identifier à distance un équipement défaillant, de suivre les consommations d’eau et d’énergie, de mesurer l’électricité réinjectée dans le réseau ou encore de surveiller la performance des installations.
Mais la technologie ne suffit pas. Elle doit être pertinente, bien paramétrée et adaptée aux besoins du client. Notre rôle est d’aider le client à placer le bon curseur entre son budget, ses objectifs environnementaux, ses contraintes réglementaires et la réalité technique du terrain.
La valeur ajoutée du facility manager se situe dans cette justesse : comprendre le bâtiment, ses usages, puis ajuster les réglages et les méthodes d’exploitation pour limiter les gaspillages.
L’approche à adopter doit donc être très personnalisée…
Oui, c’est essentiel. Chaque bâtiment a ses usages, ses contraintes et ses priorités. Aujourd’hui, les clients sont soumis à une triple pression : économique, environnementale et d’image. Ils doivent réduire leurs coûts, améliorer leur impact et démontrer qu’ils agissent concrètement.
Notre rôle est de leur apporter des solutions pragmatiques. Par exemple, si 20 % des effectifs sont en télétravail tous les lundis, il est possible d’adapter la ventilation, le chauffage ou le refroidissement en conséquence. Ce type d’ajustement peut générer des économies significatives, sans dégrader le confort des utilisateurs présents.
L’enjeu n’est pas de réduire pour réduire, mais d’adapter le bâtiment à son occupation réelle.
Vous disiez que les besoins techniques dépendent de l’utilisation du bâtiment. Est-ce que vous réalisez également un travail de sensibilisation auprès des utilisateurs ?
Oui, car la sensibilisation fait partie d’une approche globale de l’efficience. Tout ne peut pas reposer uniquement sur le facility manager ou sur les installations techniques.
Même dans un bâtiment performant, les usages ont un impact. Un robinet qui coule, une fenêtre ouverte alors que le chauffage fonctionne, un éclairage maintenu inutilement : ces gestes, répétés à l’échelle d’un bâtiment, peuvent peser sur les consommations.
Il faut donc expliquer les enjeux de manière concrète. Les économies d’énergie ou d’eau ne sont pas seulement un sujet environnemental, elles représentent aussi un gain économique qui peut être réinvesti dans des améliorations de confort, de services ou d’équipements.
Dans ce contexte, le fait que vous soyez multiservices est un réel atout pour nos clients…
Oui, clairement. Nous intervenons sur l’exploitation du bâtiment à plusieurs niveaux : maintenance technique, électricité, HVAC, nettoyage, tri des déchets, espaces verts, accueil ou encore services aux occupants.
Cette transversalité nous permet d’aligner les pratiques. Il serait incohérent de demander aux utilisateurs de faire attention à l’eau ou à l’énergie si les équipes d’exploitation ne sont pas elles-mêmes sensibilisées à ces enjeux.
Nos équipes, quel que soit leur métier, sont intégrées dans cette logique de sobriété. C’est aussi cela, le facility management : coordonner les services pour que l’ensemble du bâtiment fonctionne de manière cohérente.
Comment mesurez-vous les résultats obtenus ?
La mesure est indispensable. On ne peut améliorer durablement que ce que l’on suit. Grâce aux outils de supervision, à la GTC et aux logiciels d’analyse, nous pouvons suivre les consommations d’eau, les kWh consommés, l’électricité réinjectée dans le réseau ou encore les volumes récupérés dans les citernes d’eau pluviale.
Ces données permettent d’identifier les écarts, de comparer les performances d’une année à l’autre et de les pondérer selon des facteurs comme la météo ou l’occupation du bâtiment.
L’objectif est d’anticiper plutôt que de subir : détecter les dérives, ajuster les paramètres, optimiser les consignes et maintenir les équipements à leur meilleur niveau de performance.
Quel message souhaiteriez-vous adresser aux maîtres d’ouvrage ?
La performance d’un bâtiment ne se décide pas uniquement au moment de sa conception. Elle se construit aussi dans la durée, pendant toute sa phase d’exploitation.
C’est là que le facility management apporte une valeur ajoutée : en maintenant les équipements, en adaptant les réglages, en accompagnant les usages et en donnant au client une vision claire de ses consommations et de ses marges d’amélioration.
Chez Samsic, nous considérons nos clients comme des partenaires. Notre rôle est de leur proposer la solution la plus juste : celle qui répond à leurs besoins, à leurs contraintes et à leurs objectifs. Notre satisfaction réside dans la leur.
Mélanie Trélat
Article paru dans Neomag #80 - juillet 2026
